(Pistoia, 1922 – Rome, 2001) Mauro Bolognini étudie l'architecture
puis suit les cours du Centro Sperimentale de Cinematografica de
Rome. Il est l'assistant de Luigi Zampa et, en France, de Jean
Delannoy et Yves Allégret, et débute comme scénariste.
Ses premiers films sont des comédies sentimentales. Sa rencontre
avec Pier Paolo Pasolini, qui devient son scénariste, est essentielle.
Les deux jeunes hommes collaborent sur 3 films de Bolognini :
Marisa la civetta, Les Garçons, et Ça s'est passé à Rome, drame
réaliste qui décrit la zone romaine.
Lorsque Pasolini devient un cinéaste à part entière, Bolognini se tourne vers des adaptations
littéraires filmées avec soin et virtuosité : Le Bel Antonio, Le Mauvais Chemin, Quand la
chair succombe. Prise au centre de sujets sociaux et humains, la bourgeoisie italienne devient
sa cible préférée. Sur ces films, Bolognini contribue à la renommée de jeunes acteurs qui
deviendront rapidement des monstres sacrés, tels que Jean-Paul Belmondo, Marcello
Mastroianni ou encore, celle qui deviendra son actrice fétiche, Claudia Cardinale.
Après avoir participé à des films à sketches, Mauro Bolognini opère un retour magistral avec
Metello, adapté d'un roman social à succès et illuminé par la beauté de son interprète
principale, Ottavia Piccolo, qui joue également dans Bubu de Montparnasse. Ses films
suivants, comme La Grande Bourgeoise, L'Héritage, Vertiges, puis plus tard La Dame aux
camélias et le feuilleton TV La Chartreuse de Parme, confirment son penchant pour un
cinéma de l’ornement, réalisé avec des décors somptueux, une photographie qui rappelle les
grands peintres classiques et des atmosphères intenses. L’extrême raffinement esthétique des
films fait de Bolognini l’un des plus précieux orfèvres du cinéma italien.
Quelque peu méconnu en France où il fut injustement considéré comme un « sous-Visconti »,
Mauro Bolognini a souffert du succès exclusif de la comédie italienne. Depuis plusieurs
dizaines d’années, ses films ont été redécouverts à la télévision et dans plusieurs
rétrospectives, replaçant son nom aux côtés de ceux des plus grands maîtres italiens.
* Mauro Bolognini dans l'actualité et les archives de l'Italie à Paris