
Natalia Ginzburg (1916-1991) est romancière, essayiste, traductrice et dramaturge.
Elle naît à Palerme au sein d’une famille peu conventionnelle, d’un père juif de Trieste et
d’une mère catholique de Lombardie qui élèvent leurs enfants en athées. Elle grandi à Turin
où son père est professeur à l’université, leur maison devient un lieu de rendez-vous des
intellectuels opposés à Mussolini. Mariée à Leone Ginzburg, en 1938, éditeur et militant
antifasciste, elle le rejoint en 1941 dans les Abruzzes où il est assigné à résidence. En 1943, le
couple et ses trois enfants reviennent se cacher à Rome et à Florence. Arrêté, Leone Ginzburg
meurt sous la torture à Rome dans la prison de Regina Coeli, le 5 février 1944. Veuve, Natalia
écrit un premier poème intitulé Memoria.
Natalia Ginzburg publie ses premiers récits qui témoignent de son expérience de ces années
troubles, du fascisme, de l’invasion allemande, de la résistance et de la libération : "La Strada
che va in città" son premier court roman parut en 1942 sous le pseudonyme d'Alessandra
Tornimparte; puis les romans "È stato così", "Tutti i nostri ieri", les récits autobiographiques
"Le Piccole Virtù" et "Lessico famigliare".
En 1944, Natalia Ginzburg intervient activement dans la vie politique et culturelle du pays.
Elle entre dans la maison d'édition Einaudi, où elle occupe une place importante et fait la
connaissance d’écrivains comme Cesare Pavese, Elsa Morante ou Italo Calvino.
Natalia Ginzbug publie des mémoires, des pièces de théâtre, des essais et des traductions en
italien des œuvres de Proust et de Flaubert ; elle écrit également une biographie d'Alessandro Manzoni, grand romancier du Risorgimento.
À partir de 1963 commence une intense activité journalistique (La Stampa, Il Corriere della
sera, L'Unità, Il Mondo). Ses articles traitent de l'actualité mais aussi des grands problèmes de
société.
Simplicité, modestie, dialogues et une allure de récit autobiographique caractérisent son style,
et surtout une certaine distanciation. Nourrie de la lecture de Tchekhov, Natalia Ginzburg
raconte la vie faite d'inconsistance, la passivité, l'instabilité de ses personnages à travers la
banalité quotidienne, s'attachant à ce qu'on appelle l'insignifiant, le frivole, tout en représentant
un milieu désarticulé, un vide social et culturel qui n'offre aucun point d'ancrage. Les ouvrages
de l’écrivain italienne sont un mélange de souvenirs et d’observation aiguë sur la vie, son
entourage et l’espace familial.
En tant qu’essayiste, Natalia Ginzburg a exploré plusieurs domaines, allant du cinéma
contemporain à l’art, en passant par la littérature, la pédagogie et la morale. Estimant que dans
la vie il faut toujours s’engager, l’auteur continue à mener une vie politique active qui mène
finalement à son élection au Parlement italien en 1983 en tant que députée de la gauche
indépendante.
* Bourgeoisies, 1980, roman, rééd. 2002, éd. Denoël
* La strada che va in città (1942) ; La route qui mène à la ville, 1964, quatre romans courts, éd. Denoël
* È stato così (1947)
* Tutti i nostri ieri (1952) ; Nos années d'hier, 1ère éd. 1956; rééd. 1992, roman, éd. Plon ; nouvelle traduction 2004, Tous nos hiers, éd. Liana Lévi
* Valentino (1957)
* Sagittario (1957)
* Le voci della sera (1961 ; Les voix du soir 1962, éd. Flammarion, roman, 1992
* Le piccole virtù (1962) ; Les petites vertus, 1964, roman, Flammarion
* Lessico famigliare (1963) ; Les mots de la tribu, 1966, roman, éd. Grasset
* La madre e altri racconti (1964) ; La mère, 1993, nouvelles, éd. Calmann-Lévy ; rééd. 1999, éd. du Rocher
* L'inserzion (1966)
* Mai devi domandarmi (1970)
* Caro Michele (1973)
* Vita immaginaria (1974)
* La famiglia Manzoni (1983)
* La città e la casa (1984) ; La ville et la maison, 1984, roman, rééd. 1988, 2002, Denoël